photo de l'artiste peintre alex'sandra
 

:: Midi Libre du 15 août 2014 ::

Exposition "Parages bleus" au Grand Hôtel de Sète


 

:: Midi Libre du 20 juillet 2014 ::

Exposition "Parages bleus" au Grand Hôtel de Sète


 

:: Note d'intention pour l'exposition " Parages bleus " ::

Dialogue Images et mots

Images : ALEX'SANDRA

Mots : J-P GAVARD-PERRET

Née à Casablanca, d'origine corse, ALEX'SANDRA a un parcours très diversifié : "J’ai éprouvé la danse, l’écriture, la photo, puis la transcription de l’image par la rédaction de scénario pour le cinéma. J'ai étudié le droit. Mais dans une exaspération grandissante face à mon impuissance à satisfaire ma quête, je suis partie 7 ans, voir le monde, voir la mer, avec mon homme et notre fille, sur un voilier. A mon retour, par hasard, j’ai découvert ce médium d’expression : la peinture. La peinture parce qu’elle éclaire le monde d’une lumière à chaque instant recomposée par le geste du peintre. Et j’ai plongé dedans. Avec volupté. Simplicité. Evidence."

Jean-Paul GAVARD-PERRET, Docteur ès Lettres, enseigne à l’Université de Savoie (Chambéry). Membre du Centre de Recherche Imaginaire et Création, il est spécialiste de l’Image au XXe siècle et de l’œuvre de Samuel Beckett. Poète, écrivain et critique d'art, il collabore à de nombreuses revues dont Passage d’encres, Les Temps Modernes, Esprit, Verso Art et Lettres, Champs visuels, Communication et Langage. Il poursuit une réflexion littéraire et artistique ponctuée déjà d'une vingtaine de livres, de nombreux textes brefs et d’essais.

L'une peint, l'autre écrit

Je peins parce que je n’ai pas su écrire ! L’écrire. L’expulser de moi dans un souffle infini ce monde intérieur qui me domine. Et voilà que l’extrême communication de notre époque me renvoie mon travail sous forme de mots ! Ceux de JPGP, dont la délicatesse et la force me bouleversent car ils apportent un éclairage autre, une perspective nouvelle, sur mon travail. Lui m’en a dit un jour : "Mes mots n'ajoutent rien à vos images. Au contraire. Elles renvoient à l'affolement d'où elles sortent comme le cri absurde de l’angoisse ou de la joie". Croyant m'avouer son impuissance à les parler, il n'a fait que leur ajouter des mots dont la justesse me bouleverse autant qu'elle me réjouit. Parce qu'ils me disent et me déploient, hors de moi, de mes "bords d'ombre". ALEX'SANDRA

Les œuvres d’ALEX'SANDRA m’apprennent à voir et m’apprennent à parler. Leur "silence" transcrit une expérience sensible, offre un récit impossible où différentes strates se confondent. Ce silence me confronte à son impossible donc m’oblige à écrire. L’œuvre de l’artiste, son opération de mise au jour et son angle sensoriel inédit font de l’auteur un voyou : il ose mettre des mots sur la lumière bleue d’abysse revenue à de lentes genèses écloses sur le mâchefer du temps et le long de bien des berges. Il y est perdu avant que les peintures l’appellent. Jean-Paul GAVARD-PERRET

 

:: Le Dauphiné 20 mars 2014 ::

Exposition "Dialogues gravés" à La Clusaz


 

:: La Provence juin 2013 ::

Exposition à Gréoux-les-Bains


 

:: SudOuest :: Mardi 27 septembre 2011 Marennes

Dialogue avec les formes et la matière

Photo d'eric Chesneau et d'Alex'Sandra
Éric Chesneau et Alex'sandra. PHOTO MARIE-CLAIRE VERGNOL

 

Deux peintres s'inscrivant dans une démarche commune, des univers proches, l'abstraction lyrique pour Alex'Sandra et la non-figuration abstraite pour Éric Chesneau, tentent une peinture au-delà de nos certitudes.

Juste un simple rapport à la vie. Dans un dialogue sur des toiles de grand format avec des techniques mixtes qui explorent médiums, matériaux, couleurs, outils, supports, utilisant aussi bien l'huile et l'acrylique que des encres, du brou de noix et des matières minérales. Aux ivresses marines, des séquences bleues de l'oeuvre d'Alex'Sandra répondent les descentes vertigineuses chez Éric Chesneau.

Recherche de plénitude

Tout s'y joue entre l'innocence et le risque dans la recherche d'une plénitude. Chez Chesneau, la verticalité intègre des résistances, des déviations, des failles dont l'artiste fomente ses propres tensions. Chez Alex'Sandra, les traits ne sont pas des signes mais des formes avant d'être limites d'une figure ou indications d'un contour.

Dans les deux cas formes, points, lignes, surfaces, coulées sont non transposables dans un autre espace. Et c'est bien là ce qui produit la qualité de tels travaux.

Chez Alex'Sandra, les bleus nuit et cyan, en leurs dégradés et en contrastant avec les blancs du support s'échappent, forment des faisceaux dont la pénétration mobilise la surface blanche et l'empêche de se fixer. Avec Éric Chesneau le noir force à l'ouverture les plages immaculées. Elles ne peuvent répondre à cette poussée que par leur propre expansion. Tout devient presque magique puisque les formes semblent toujours mouvantes comme si elles reposaient sur elles-mêmes. » Jean-Paul Gavard-Perret

Un voyage dans la forme et ses mouvements comme un souffle dévalant la plaine de nos convictions. Le temps d'une respiration, voilà l'instant qui se révèle.

Exposition jusqu'au 3 octobre, salle haute de l'Arsenal de la Citadelle. Entrée libre de 10 heures à 12 heures et de 15 heures à 19 heures. © www.sudouest.fr 2011

 

Interview intempestif d'Alex'Sandra

par Jean-Paul Gavard-Perret, écrivain et critique d’art,
pour Arts-Up, mai 2011

Lorsqu'on veut les interroger les artistes se réfugient souvent et bien à tort sous le prétexte qu'ils n'ont rien à dire. Certes toute œuvre plastique dit ce que les mots ne peuvent élucider. Mais j'ai pris le pari que cela allait encore mieux en le disant.

En conséquence je propose aux artistes qui me semblent des moteurs de la postmodernité et qui acceptent le "jeu" un interview identique quant à ses termes pour tous. Cet interview peut-être abrupte dans ces termes ne se veut aucunement intrusif quant au "sens" de l'œuvre. Elle y répond par elle même.

Ce questionnement se veut donc une illustration plus du créateur que de sa création afin de l'approcher un peu plus. A chaque lecteur de faire ensuite lui-même son chemin.

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Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?
descendre dans mon atelier pour voir le travail de la veille se révéler, les transparences se dévoiler, une reddition s’opérer

Que sont devenus vos rêves d’enfant ?
compréhensibles, c’étaient des cauchemars

A quoi avez-vous renoncé ?
à danser (professionnellement), après une rupture du tendon d’achille, une nécessaire violente déflagration interne pour que j’admette être dans une impasse

D’où venez-vous ?
du monde méditerranéen, du tragique et de la violence d’une île et de ses familles

Qu'avez-vous reçu en dot ?  
l’intranquillité

Qu'avez vous dû "plaquer" pour votre travail ?
les vacances

Un petit plaisir - quotidien ou non ?
cuisiner, puis manger !

Qu’est-ce qui vous distingue des autres artistes ?
à toi de le dire ! 

Où travaillez vous et comment ?
tous les jours, partout où c’est possible et dans mon atelier, à la fois dans un calme et une urgence dont je ne saisis pas la cause, ce qui me bouleverse

Quelles musiques écoutez-vous en travaillant ?
très éclectiques, des musiques qui me déchirent tout en me rassemblant, de l’opéra au pop-rock-folk en passant par le tribal, mais en boucle ! Record : 47 fois un morceau de 5’08 ! une performance… pour l’oreille !

Quel est le livre que vous aimez relire ?
Jung, Pontalis, Charles Juliet

Quel film vous fait pleurer ?
Eternal sunshine of the spotless mind

Quand vous vous regardez dans un miroir qui voyez vous ?  
moi

A qui n'avez-vous jamais osé écrire ?
personne

Quel(le) ville ou lieu a pour vous valeur de mythe ?
la mer, l’océan

Quels sont les artistes dont vous vous sentez le plus proche ?
des chorégraphes, Pina Bausch, Carolyn Carlson, certaines troupes de Hip Hop, des cinéastes, Jane Campion, Visconti, Michel Gondry, Wenders, Gus Von Sant, des peintres, Olivier Debré, Rauschenberg, des comédiens, Hanna Schygulla, Marlon Brando; et tant d’autres.

Qu’aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire ?
un voyage

Que défendez-vous ? 
le droit et le devoir d’être soi.

Que vous inspire la phrase de Lacan : "L'Amour c'est donner quelque chose qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas" ?
De mes années de fac, je garde le réflexe thèse-antithèse-synthèse ! Lacan a décodé le jeu avec et sur les mots pour nous les traduire. De l’inconscient dont il les extirpait, il s’extrait et assène une formule dont la virtuosité orale échoue : elle semble séduisante mais peine à masquer son ironie ou son ignorance devant l’Amour. Qui est un mystère. A explorer !

Enfin que pensez-vous de celle de W. Allen : "La réponse est oui mais quelle était la question ?".
« Si on peut le dire, pourquoi le peindre ? » (Bacon)

http://www.arts-up.info/interview/interview_alexsandra.htm

 
Blanc et Noir

Exposition du 10 juin au 3 juillet 2011 à la Citadelle du Château d’Oléron

EN BLANC ET NOIR ou LE VENTRE DU TABLEAU

Après ses longs périples dans ses bleus très particuliers Alex’Sandra expérimente la bichromie du noir et blanc et – en conséquence - les phénomènes d’absorption et de résorption qu’ils génèrent et ce par delà ce qu’on nomme figuration et abstraction. Son nouveau travail – en fidélité avec ce qui l’a précédé - offre d’insidieux changements d’échelle. Dans chaque toile tout semble mouillé partout et doit sécher avant que la créatrice continue son travail. Les pinceaux glissent. Plus de pores. Qu’un lissé de peau. Le bruit des pinceaux est plus doux sur la surface. Et l’artiste contourne les formes admises : elles sont baignées d’ombres et de lumières diffusantes. Le noir et le blanc paraissent dans le flou, mais tous les plans sont à leurs places. Qui sait ? Il y a peut être là Découverte du corps (enveloppé) et de l’âme (nue). Emotion. Respiration. La couleur et la matière. Le cœur. Le féminin. Le masculin aussi. Image affect.
tableaux noir et blanc
Les solitudes s'absentent. Les ondes se touchent, sabordent le naufrage. Elles traversent les lieux. Leurs courbes se prononcent. Un geste semble errer parmi les instants d'une surface démesurée. Des échos sous les surfaces viennent renouveler la couleur du vivant par le simple jeu du noir et blanc. Et des coulées de lumière déversent des montagnes de silence. Dans le suivi du mouvement comme de la fixité, des murmures renaissent toujours. Rappel des ressemblances sur le tracé invisible de la mémoire.

Chaque toile active comme elle neutralise une certaine lumière entre brillance et matité. L’empreinte « picturale » prend toute sa puissance. Alex’Sandra aménage des zones de résistance dans le plus impalpable. Ce qu’on prend pour du flou ne l’est pas. Il faut parler plutôt de voile ou de sfumato qui trouble les contours des formes terrestres. Loin des clivages l’artiste crée des pans mouvementés. Ils flottent en aménageant parfois des fenêtres ou des gouffres. Par le refus des indices de formes existantes un réel originaire ou onirique crée un champ particulier de figuration. La plasticienne confronte le regardeur à la fois à des formes immatérielles et des espaces optiques aux formes plus « empâtées » du réel. Elle crée une qualité particulière de proximité et de tactilité par son usage des deux couleurs et par sa façon de caresser la toile. Cette approche permet l’osmose de l’optique et de ce que l’on nomme l’haptique. Surgissent des paysages infranchissables. Il ne convient pas d’entrer en mais de les devenir.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Alex'Sandra en Blanc et Noir ou le Ventre du Tableau

« Pourquoi je peins ? » dit-elle

Vous peignez parce que vous ne savez pas pourquoi. Vous peignez parce qu’il existe en vous un lyrisme secret et particulier. C’est à dire votre tentative de faire coïncider vos émotions profondes avec votre langage plastique. Ciel contre ciel, terre contre terre, blanc contre noir. Etrangeté des choses, infidélités des moyens picturaux qui forcément à un moment vous échappent jusqu’à ce que soudain l’image se fixe dans l’éternité : «  il y avait la gravure que j'explore depuis deux ans et tout de suite, la proposition m'a donné envie de voir sur toile ce que je cherchais dans le métal, l'encrage, l'essuyage, cette caresse de la plaque qui va donner toute sa force au travail révélé en une seconde par le passage sous la presse du papier gonflé d'humidité pour mieux accueillir l'encre, généreuse dans les creux, ces morsures de l’acide, et aérienne, subtile, infime mais présente là où l’artiste aura laissé vierge le métal car le rouleau qui applique la feuille sur la plaque, sanctionne, inéluctable, son essuyage. » Fixité de l’infixe, lancement volumineux de pans à la fois frontaux et fuyants. Le lieu et le non lieu du lieu, la précipitation des formes, leurs effondrements et leurs remontées. Sensation de quelque chose à la fois de rétif et de voluptueux dans des éclats d’évidence comme dans des trous d’obscurité. Abandon et maîtrise pour que croisse l’obscur mais qu’il vienne mettre à bas l’ombre pour la lumière. Le noir et le blanc créent cette nécessaire contradiction pour la lutte expressive vers une nouvelle alliance. Se retrouve, en plus fort, votre rêve d’incarnation, d’adéquation au corps, de fusion amniotique avec le monde. Plus que jamais vibre la tension qu’oblige l’expérience contradictoire du noir et du blanc.

Jean-Paul Gavard-Perret - Docteur ès Lettres, enseigne à l’Université de Savoie (Chambéry). Membre du Centre de Recherche Imaginaire et Création, critique d’art, écrivain, poète, il poursuit une réflexion littéraire et artistique ponctuée déjà d'une trentaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues

 
:: MIDI LIBRE :: 10 juillet 2010 (Gard)

Les errances d'Alex'Sandra
de Casablanca
à la villa Parry


Alex'sandra est née à Casablanca, où elle passe son enfance entourée des couleurs chaudes du Maroc, puis fait des études à Paris, entrecoupées de voyages en Asie et en Afrique,
et passe sept années sur un voilier.
Des années de voyages, d'échanges, à la rencontre de cultures, de civilisations. Alex'sandra est passionnée par la découverte et la vie, au travers de la danse contemporaine,
la photographie, le cinéma. Elle se passionne pour l'image en mouvement,
puis décide après ses années de voyage de s'installer dans le sud.
Là encore, c'est la découverte qui l'attire, elle décide de faire les Beaux arts de Sète et de s'intéresser à l'expression de soi par les formes, les couleurs, les matières, les outils qui vont du délicat petit gris à la large spatule.
Ces années d'errances heureuses d'îles en continents se redessinent grâce aux mélanges de sa palette, la violence de la mer comme sa douceur. L'empreinte, la trace des sensations, genèse de l'émotion, la quête de l'équilibre, sont au cœur de sa démarche.
Elles se traduisent sur la toile par des électrocardiogrammes : les hauts et les bas,
les vibrations de l'âme comme celles d'une musique.

Photo illustrant l'article de presse paru sur Midi Libre en juin 2010
Son exposition, Traversées duelles, est une double recherche : un travail sur l'ombre,
qui déployée sur la toile crée la lumière, et un autre sur le dialogue de deux formes.
Elle travaille avec des techniques mixtes sur toile libre tendue sur châssis
une fois le travail terminé ou sur papier :
travail de matières minérales, pigment, acrylique, huile, encre, pastel à l'huile.


Également sur Internet www.alexsandra-artiste-peintre.com
Du vendredi 9 au dimanche 18 juillet, de 11 heures à 13 heures et de 15 heures à 20 heures. Entrée libre. Vernissage vendredi 9 juillet à 18 heures.
 

BLEU INFANS
par Jean-Paul Gavard-Perret


Que faire avec le bleu ?
Car voici le bleu.
Mais ce bleu, que peut-il faire ?
Que peut-il donner ?
La peinture d’Alex’Sandra lui donne mieux qu'un nom de Prusse :
Son identité
Celle-ci engendre celle de la peinture
Grâce à lui quelque chose y cède.
D'où vient que ce bleu est venu ?
Des voyages ? Du ciel marin de Sète ?
Nul ne peut le dire.
Mais son apparition est un bien-être.
Pas de précision de temps.
L'image n'est pourtant ni mystérieuse, ni secrète : elle montre.
Elle montre qu'un bleu est venu, qu'il va.
Le voici dans sa lumière
Changeant, découvert.
Est-ce le début du jour ou de la nuit ?
La lumière n'a-t-elle pas sommeil ?
Le bleu est la mesure de l'image.
L'image est sa mesure. Est sa démesure.


Face à lui l'homme redevient enfant battant l'enfant homme,
Il trouve en lui l'espace pour mûrir,
Le bleu déplace son futur
Murant le murmure de ses valeurs changeantes par les techniques mixtes.
Il ne craint plus rien il avance
Il vit
Craquant de peur à la lumière.
Alex’Sandra parle à travers lui,
Elle l’outrepasse
Allant vers l’outrebleu.
En bas une rivière
En un ciel interdit
Il fait dériver de l'obscur à la lumière :
Il courbe l'articulé
Son averse a la force d’un tsunami positif:
Il dévaste l'antique désert
Il nous le fait quitter.
Il fait accepter l’inconnu(e) au fond de soi
Et tant pis pour le temps à gagner ou à perdre.
Il faut risquer son seul plan.
Empoigner ce qui reste de vie comme une poignée de bleu et le jeter plus haut.

Mentions légales signature d'Alex'Sandra